Les reliques de saint Jean-Baptiste

Sainte Tygris ou Thècle, à l’origine du pèlerinage

La tradition de l’Eglise de Maurienne rapporte que vers le milieu du VI° siècle des moines irlandais revenant de Terre Sainte s’arrêtèrent dans une localité de Maurienne. Ils contèrent à leurs hôtes les miracles opérés par les reliques de saint Jean-Baptiste, vénérées à Alexandrie d’Egypte dans une église construite en 391 sur les ruines du Serapeum de cette ville.

Une jeune femme nommée Tygris conçut alors le projet de procurer à son pays quelques parties de ces précieuses reliques. Tygris entreprit le long voyage vers Alexandrie. Elle rejoignit Rome ou elle visita les tombeaux des apôtres, puis s’embarqua pour l’Egypte. A Alexandrie, malgré de nombreuses difficultés, elle persévéra dans sa quête. Pendant deux ans, chaque jour, elle se rendit au tombeau-reliquaire du Précurseur sans que sa prière ne soit exaucée. Enfin, dans la troisième année, elle repartit d’Alexandrie avec la relique tant espérée, et prit le chemin du retour vers la ville de Maurienne.

C’est dans cette ville qu’elle déposa la précieuse relique. Le roi Gontran de Bourgogne se chargea d’y bâtir une église, et fit de la ville de Maurienne le siège d’un nouvel évêché. Cependant Tygris, désireuse de pratiquer la vie érémitique dont elle avait beaucoup entendu parler en Orient, se retira au-dessus de la ville, en un lieu appelé depuis la « grotte de Sainte-Thècle ». Sa sœur Pigménie la rejoignit avec douze veuves : à la grotte, on fit ajouter une chapelle un corps de logis. Tygris y mena la vie évangélique, se préparant à la mort. Après avoir distribué tous ses biens aux pauvres, elle s’éteignit dans le Seigneur le 25 juin. Là s’arrêtent les récits des anciennes chroniques, sans nous dire ou son corps a été déposé.

 

Les reliques de saint Jean-Baptiste : un pèlerinage attesté depuis 15 siècles

Deux faits historiques sont certains : la présence et le culte des reliques de saint Jean-Baptiste à Saint-Jean-de-Maurienne dès le milieu du VI° siècle, et la fondation de l’évêché Maurienne à la même époque. L’arrivée en notre cathédrale des saintes reliques nous est initialement connue grâce à trois documents, de valeur historique inégale. Le premier et le plus important, est le récit de saint Grégoire de Tours (mort en 594) dans son ouvrage « De la gloire des bienheureux martyrs ». Le deuxième document est un manuscrit du X° siècle, qui mentionne d’ailleurs pour la première fois le nom de Tygris (qui deviendra plus tard Thècle). Le troisième document est un manuscrit reproduit dans le Bréviaire de Maurienne en 1512, qui fournit de nombreux renseignements complémentaires et nous dit que les reliques rapportées sont « les doigts qui ont touché la tête du Seigneur dans le fleuve du Jourdain ». Depuis l’arrivée des reliques dans notre église, de très nombreux auteurs, chroniqueurs et pèlerins en ont attesté la présence et le culte.

 

Une prière et une vénération continues

Depuis les temps lointains de sainte Thècle et de saint Gontran, des pèlerins nombreux sont venus, et viennent encore confier à saint Jean-Baptiste leurs intentions et leurs prières, lui demandant de les présenter à Dieu. Les grâces nombreuses reçues par les pèlerins font de ces reliques le trésor spirituel de notre cathédrale. Presque quotidiennement, depuis bientôt seize siècles, des personnes viennent prier auprès du Précurseur, devant ses reliques. La Garde d’Honneur les accueille et leur donne accès à la chapelle des reliques, leur permettant de prier et de vénérer dans de bonnes conditions spirituelles et matérielles.

31 juillet 2025, mis à jour le 20 février 2026