Aux origines de sa fondation
La cathédrale Saint-Jean-Baptiste est l’église dans laquelle siègent les évêques de Maurienne, depuis l’an 575. Les chrétiens y prient donc depuis quinze siècles ! La première cathédrale fut bâtie dans le bourg appelé Maurienne, et dédiée à saint Jean-Baptiste grâce aux reliques des trois doigts du Précurseur du Christ. L’existence de la cathédrale est donc étroitement liée à ces reliques, apportées d’Alexandrie vers l’an 550 par une jeune femme, sainte Tygris, appelée plus tard Thècle. L’arrivée des reliques encouragea le roi Gontran, petit-fils de Clovis, à entreprendre la création du diocèse de Maurienne et à installer l’évêché dans la ville, qui devint Saint-Jean-de-Maurienne.
L’architecture au service de la foi
On retrouve dans la cathédrale des éléments architecturaux de toutes les époques, depuis sa fondation. Fragments de décor du VI° ou du IX° siècle, structure basilicale de la cathédrale romane sortie de terre entre 1030 et 1075, sa crypte de pèlerinage dédiée à la vénération des reliques : tout dans cette église révèle la foi profonde qui animait ses bâtisseurs. Amplement remaniée au XV° siècle, son aménagement a suivi les évolutions de la liturgie, tout autant que celles des styles architecturaux. Aujourd’hui, de la crypte romane à la nef gothique en passant par le cloître, la beauté de la cathédrale reflète celle de la foi, portant visiteurs et pèlerins à la contemplation.
Des aménagements remarquables
Parmi les aménagements les plus remarquables, citons tout d’abord la crypte située sous le chœur, dont les chapiteaux impressionnent par leur décor rappelant les plus anciennes églises chrétiennes. Sur une colonne, un graffito d’époque mérovingienne suggère que là se trouvait l’église où a prié sainte Thècle, rapportant d’Égypte les saintes reliques, mais aussi saint Ayrald, évêque de Maurienne en 1125. Le mobilier du chœur attire lui aussi le regard : 80 stalles, sculptées en 1495, avec les visages très expressifs des apôtres et des prophètes, mais aussi la tour eucharistique, tabernacle monumental de la fin du XV° siècle. Cette tour est destinée à recevoir la réserve eucharistique, présence réelle du Christ dans son Église.
La maison de Dieu et la prière des hommes
La cathédrale Saint-Jean-Baptiste n’a pas les proportions monumentales de cathédrales comme Amiens ou Paris, mais à l’échelle de la ville, elle en est à la fois le berceau et le cœur. L’extérieur ne laisse pas présager de la découverte que l’on fait en y entrant. En franchissant les portes, on est ébloui par les proportions de la nef et l’harmonie qui s’en dégage. Mais surtout, et les visiteurs le font souvent remarquer, c’est une église « habitée » ! Dans le calme de chacune des chapelles et des nefs, on ressent la paix et la douceur qui caractérisent la maison de Dieu, continuellement habitée par la prière des chrétiens depuis quinze siècles. Le décor et l’architecture convergent vers l’autel et la cathèdre, siège de l’évêque dans sa cathédrale, autour de laquelle s’édifie l’Église diocésaine. C’est un symbole fort que les œuvres d’art mettent en valeur.
La cathédrale, source de la vie sacramentelle
Au cœur de tout diocèse, l’église cathédrale est un lieu fondateur, où le peuple de Dieu se rassemble dans les grandes occasions de sa vie. Elle abrite une communauté paroissiale, c’est donc à la cathédrale que les fidèles viennent célébrer l’eucharistie quotidienne, les baptêmes et les mariages, jusqu’au dernier adieu des obsèques. Mais elle est avant tout l’église-mère du diocèse : étroitement unie à la personne de l’évêque qui y donne la confirmation, y célèbre la messe chrismale, les ordinations. Ainsi, c’est à partir de la cathédrale que la vie sacramentelle se diffuse dans toutes les communautés, par la célébration des sacrements. En cela surtout, elle est une église unique.
L’église de saint Jean-Baptiste
Les grandes fêtes de l’année rassemblent les chrétiens à la cathédrale, en particulier le temps de Noël et la Semaine Sainte. La spécificité de notre cathédrale est le cycle annuel autour de saint Jean-Baptiste, présent ici par ses reliques qui sont le trésor spirituel de cette église. On fête sa nativité et son martyr, et chaque dimanche de l’été, pendant dix semaines, les messes sont suivies d’un temps de vénération des reliques qui rassemble de nombreux pèlerins, venus parfois de très loin. Tout au long de l’année, les membres de la Garde d’Honneur des reliques sont présents pour accueillir les personnes qui souhaitent s’approcher de saint Jean-Baptiste. Ce sont des temps spirituels forts.
