St Martin de Tours, témoin de la miséricorde

un premier « pèlerinage chez soi » pour ce temps de confinement

Nous voilà, pour ce « pèlerinage chez soi », sur les pas de saint Martin : sa figure y est particulièrement présente dans le patrimoine artistique et religieux, et tout particulièrement en Tarentaise.

Eglise St Martin à Hauteville Gondon (Tarentaise)

C’est un saint européen dont le rayonnement a été immense dès son vivant (voir en fin le chapitre sur les Chemins de St Martin).

Ceci est tout particulièrement dû à son biographe, Sulpice Sévère qui fait partie de l’ordre sénatorial, c’est à dire de l’élite gallo-romaine dont il a reçu toute la culture classique. Profondément marqué par Martin il choisira une vie d’inspiration monastique dans le vaste domaine qui lui appartient à Primuliacum, entre Toulouse et Narbonne. Il se dévoue à l’écriture, et tout particulièrement au rayonnement de son héros : Martin.

Avant de lire Sulpice, découvrons les grandes lignes de l’itinéraire de Martin.


A - QUI ÉTAIT MARTIN DE TOURS (317-397) moine et pasteur

Martin naquit en 317 en Pannonie, l’actuelle Hongrie ; il était le fils d’un soldat romain. Tout ce qu’on sait de lui, on le doit à son biographe Sulpice Sévère, qui le fit aimer dans tout l’Occident.
Contraint par son père à s’enrôler dans l’armée impériale, Martin, en vingt-cinq ans de service donnés à l’empereur, eut l’occasion de rencontrer des chrétiens et d’embrasser leur foi.

La légende veut que le retournement décisif de sa vie se produisit aux portes d’Amiens, quand le jeune soldat, encore catéchumène, donna à un pauvre la moitié de son manteau qu’il avait coupé en deux avec son épée. La nuit suivante, Martin vit en songe le Christ revêtu du manteau qu’il avait offert au mendiant.

Martin quitta l’armée et se consacra à la vie monastique, fondant à Ligugé, avec Hilaire, le premier monastère de Gaule.
Élu évêque de Tours, il resta fidèle à sa vocation monastique et fonda à Marmoutier un couvent qui restera sa demeure jusqu’à sa mort. Pour ce genre de vie, basée sur la communion fraternelle, le partage des biens, la prière commune et la prédication, Sulpice Sévère le décrit comme un « homme en tout semblable aux apôtres ».
Martin dépensa toutes ses énergies, jusqu’à la fin de ses jours, pour annoncer l’Évangile dans les campagnes, créant les premières paroisses rurales. Il mourut à Candes, près de Tours, le 8 novembre 397. Ce fut le premier saint dont fit mémoire l’Église indivise, qui n’ait pas subi le martyr.

(Source : https://www.monasterodibose.it/fr/priere/martyrologe/932-novembre/1255-11-novembre-fr )

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Le saviez-vous ?

Le terme latin pour ces manteaux courts que portaient les officiers de l’armée impériale était capella (chlamyde en ancien grec). On conserva donc le demi-manteau de Martin, désormais élevé au rang de relique, dans un bâtiment érigé à cet effet et qu’on appela une chapelle tandis que ceux qui auraient la charge d’en assurer la garde seraient des chapelains.

Qu’on y songe : une chapelle n’est pas une petite église, c’est un lieu qui commémore le signe d’un geste secourable d’un militaire romain envers un SDF du IVe siècle, auquel toutes les chapelles d’Europe doivent leur nom.

Mais l’héritage de Martin ne se limite pas à l’espace physique que marque l’architecture mais s’étend à l’espace culturel sous la forme de chapelles musicales, celle de Dresde par exemple, ou encore dans la musique de Haydn, Kapellmeister du Prince Esterházy. Aujourd’hui Martin est le nom le plus répandu qui soit dans la toponymie européenne : il s’étend de Saint-Martin in the Fields à Londres à l’abbaye de Pannonhalma en Hongrie, qui est consacrée au saint ; en Suisse Chézard-Saint-Martin (NE) et Sankt-Martin (GR) se joignent à la cohorte des villages d’Europe qui en maintiennent le souvenir. En France, 246 communes et 3700 églises portent son nom.

Pour aller plus loin, nous vous proposons deux vidéos

  • Saint Martin :
  • Sur les pas de St Martin de Tours :

B - EVANGILE DE JESUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU (ch. 25)

« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”

COMMENTAIRE

Saint François de Sales nous donne une comparaison : pour lui il y a la même différence entre une partition notée et une partition chantée qu’entre l’Evangile écrit et la vie des saints… Laissons donc Martin lui-même, par le biais de Sulpice Sévère son biographe, nous donner un commentaire vivant de l’évangile ci-dessus. Evangile qui est lu justement pour la fête de Martin. Martin n’est encore que catéchumène, « candidat » au baptême, toujours engagé dans l’armée…

C’est ainsi qu’un jour où il n’avait sur lui que ses armes et un simple manteau de soldat, au milieu d’un hiver qui sévissait plus rigoureusement que de coutume, à tel point que bien des gens succombaient à la violence du gel, il rencontre à la porte de la cité d’Amiens un pauvre nu : ce misérable avait beau supplier les passants d’avoir pitié de sa misère, ils passaient tous leur chemin. L’homme rempli de Dieu comprit donc que ce pauvre lui était réservé, puisque les autres ne lui accordaient aucune pitié. Mais que faire ? Il n’avait rien, que la chlamyde dont il était habillé : il avait en effet déjà sacrifié tout le reste pour une bonne œuvre semblable. Aussi, saisissant l’arme qu’il portait à la ceinture, il partage sa chlamyde en deux, en donne un morceau au pauvre et se rhabille avec le reste [les soldats de l’armée romaine payaient la moitié de leur manteau : c’est donc cette moitié que donne Martin, et il se rhabille avec la moitié payée par l’armée]. Sur ces entrefaites, quelques-uns des assistants se mirent à rire, car on lui trouvait piètre allure avec son habit mutilé. Mais beaucoup, qui raisonnaient plus sainement, regrettèrent très profondément de n’avoir rien fait de tel, alors que justement, plus riches que lui, ils auraient pu habiller le pauvre sans se réduire eux-mêmes à la nudité.

Donc, la nuit suivante, quand il se fut abandonné au sommeil, il vit le Christ vêtu de la moitié de la chlamyde dont il avait couvert le pauvre. Il est invité à considérer très attentivement le Seigneur, et à reconnaître le vêtement qu’il avait donné. Puis il entend Jésus dire d’une voix éclatante à la foule des anges qui se tiennent autour d’eux : « Martin, qui n’est encore que catéchumène, m’a couvert de ce vêtement ». En vérité, le Seigneur se souvenait de ses paroles, lui qui avait proclamé jadis : « Chaque fois que vous avez fait quelque chose pour l’un de ces tout-petits, c’est pour moi que vous l’avez fait », quand il déclara avoir été vêtu en la personne de ce pauvre. Et pour confirmer son témoignage en faveur d’une si bonne œuvre, il daigna se faire voir dans le même habit que le pauvre avait reçu.

Cette vision n’exalta pas un orgueil tout humain chez notre bienheureux, mais il reconnut dans son œuvre la bonté de Dieu, et comme il avait dix-huit ans, il s’empressa de se faire baptiser. Pourtant, il ne renonça pas immédiatement à la carrière des armes, s’étant finalement laissé vaincre par les prières de son tribun, à qui l’attachaient des liens de camaraderie et d’amitié : c’est qu’en effet, à l’expiration de son tribunat, celui-ci promettait de renoncer au monde. Tenu en suspens par cette attente pendant deux années environ, après avoir reçu le baptême, Martin continue de servir dans l’armée, mais de manière purement nominale.

(Vie de saint Martin)

Quelques remarques pour mieux entrer dans ce dernier paragraphe

  • Sulpice souligne que Martin ne s’enfle pas d’orgueil. Il faut rappeler que Martin est proposé comme modèle de vie monastique – comprise comme le baptême radicalement vécu – même s’il est encore catéchumène. Or, un fondamental du monachisme des origines c’est justement l’humilité : Jésus ne se présente-t-il pas comme doux et humble de cœur ? L’humilité est la meilleure arme contre l’orgueil…
  • Une fois baptisé Martin, pour être cohérant avec sa foi chrétienne, ne peut plus servir dans l’armée. C’est qu’il vient d’entrer dans la « militia Christi », l’armée du Christ. Sulpice ne raconte d’ailleurs pas l’entrée de Martin dans la vie monastique : Martin y entre avec le baptême, puisque pour lui cette vie monastique est le baptême radicalement vécu. Et dans les dix paroles de vie (les dix commandements) il y a celle-ci : « Tu ne tueras pas »… Martin est devenu soldat du Christ.

Méditation

  • Comment comprendre cela aujourd’hui ? Ne serait-ce pas tout simplement un appel, dans les engagements et états de vie qui sont les nôtres, à prendre au sérieux notre baptême, à le vivre à fond ?
  • Portons un regard d’ensemble sur ces quelques lignes. Les Vies de saints écrites à cette époque et dans la période qui suivra, sont comme des « centons » bibliques. Ces écrits sont pétris de Bible. Et sous le mode du récit ils en sont une méditation. Replaçant ces écrits dans leur contexte, il s’agirait donc d’en faire une lecture priante. Alors trois pistes :
  • Quels sont les passages bibliques, particulièrement des évangiles, que m’évoquent ce texte ? On pourrait par exemple penser aux béatitudes (Mt 5, 1-12) : « Heureux les pauvres de cœur car le Royaume des Cieux est à eux »…
  • Comment vivre cet Evangile (Mt 25) aujourd’hui, comme Martin l’a vécu en son temps ?
  • Prendre au sérieux mon baptême : comment cela résonne pour moi ?

CHANT  : O Père, je suis ton enfant :


C - LA VISION DU CHRIST DOUX ET HUMBLE

Cette vision du Christ revêtu de son manteau est caractéristique de saint Martin. Pour lui, le Christ est doux et humble de cœur, il est le pauvre.

On ne saurait passer sous silence, semble-t-il, tous les artifices par lesquels le diable tenta Martin dans cette même période. Un jour, en effet, il se fit précéder par une lumière brillante dont il s’enveloppa lui-même, pour se jouer de lui plus aisément à la lueur d’un éclat emprunté ; revêtant également le costume du souverain, ceignant un diadème de pierres précieuses et d’or, les brodequins dorés aux pieds, l’air serein, le visage souriant, au point qu’il avait l’air de tout sauf du diable, il apparut à Martin en prière dans sa cellule. Au premier abord, Martin en demeura stupéfait, et tous deux gardèrent longuement un profond silence. Puis le diable prit la parole le premier : « Martin, reconnais celui que tu vois : je suis le Christ. Au moment de descendre sur la terre, j’ai tenu à me révéler auparavant à toi ». A ces mots, comme Martin se taisait sans proférer la moindre réponse, le diable osa renouveler son impudente déclaration : « Martin, pourquoi hésites-tu ? Crois, puisque tu vois ! Je suis le Christ ! » Alors Martin, à qui une révélation de l’Esprit donnait à entendre que c’était le diable, et non le Seigneur : « Non, dit-il, le Seigneur Jésus n’a point prédit qu’il viendrait vêtu de pourpre, ni avec un diadème éclatant ; pour ma part, je ne croirai à la venue du Christ que s’il se présente avec les habits et sous l’aspect qu’il avait lors de sa passion, et s’il porte clairement la marque de la croix ».

(Vie de Saint Martin)

« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. » N’y aurait-il pas comme un paradoxe entre le début de Mt 25 et ces nouvelles lignes de la Vie de Saint Martin ? Mais c’est que les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées. Et la sagesse de Dieu se manifeste dans la folie de la croix (il faut relire ici le chapitre 1 de la première lettre de Paul aux Corinthiens). La gloire du Christ est pleinement manifestée dans la passion et la croix, car c’est là qu’il aime jusqu’au bout, jusqu’à la fin. « Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1). C’est ainsi que l’évangile selon saint Jean introduit la Passion, inaugurée par le lavement des pieds. Voilà la gloire du Christ, du Fils de l’homme : lui qui est Maître et Seigneur est le serviteur de tous, et par là nous donne l’exemple. Martin l’a suivi. Et gardant la croix du Christ en mémoire nous avons la boussole pour exercer un discernement et éviter les illusions. Le diable se déguise en ange de lumière.

Ce discernement, le moine et évêque Martin devra l’exercer jusqu’au bout. Pour la paix des Églises et dans le combat spirituel :

CHANT  : Jésus doux et humble de cœur :


D - LA MORT DE MARTIN

Martin sut longtemps à l’avance qu’il allait mourir, et dit à ses frères que la disparition de son corps était imminente. Auparavant, il dut aller visiter la paroisse de Candes, car les clercs de cette Église étaient divisés et il désirait y rétablir la paix. Il n’ignorait pas qu’il était à la fin de sa vie, mais ce motif ne l’empêcha pas de partir, car il estimait que ses vertus atteindraient leur accomplissement s’il pouvait rendre la paix à cette Église. 

Il demeura quelque temps dans ce bourg, ou plutôt dans l’église où il était allé. Après avoir rétabli la paix entre les clercs, alors qu’il projetait de rentrer au monastère, il sentit brusquement que ses forces l’abandonnaient. Il convoqua les frères et leur annonça qu’il allait les quitter. Alors tous furent accablés par la tristesse et la peine et se lamentèrent d’une seule voix « Père, pourquoi nous abandonnes-tu ? À qui nous laisses-tu en faisant de nous des orphelins ? Des loups voraces vont assaillir ton troupeau. Maintenant que le pasteur est frappé, qui va nous défendre de leurs morsures ? Nous savons que tu désires rejoindre le Christ, mais tu es sûr de ta récompense et un peu de délai ne la diminuera pas. Aie plutôt pitié de nous que tu abandonnes. »

Il fut ému par ces larmes, car il avait toujours été uni au Seigneur par une très tendre miséricorde, et l’on rapporte qu’il pleura ; mais, tourné vers le Seigneur, il ne répondit à ceux qui pleuraient que cette seule parole : « Seigneur si je suis encore nécessaire à ton peuple, je ne refuse pas le travail. Que ta volonté soit faite. » 

Quel homme au-dessus de tout éloge ! Il n’était pas vaincu par le travail, mais il ne serait pas vaincu par la mort, car il ne penchait davantage ni d’un côté ni de l’autre : il ne craignait pas de mourir, et il ne refusait pas de vivre ! Il gardait les yeux et les mains levés vers le ciel, et ne permettait pas à son esprit héroïque d’abandonner la prière. Et comme les prêtres réunis autour de lui le priaient de soulager son corps en le changeant de côté : « Laissez-moi, mes frères, disait-il, laissez-moi regarder le ciel plutôt que la terre, afin que mon esprit s’oriente vers le chemin qu’il va prendre pour rejoindre le Seigneur. » Après avoir parlé ainsi, il vit que le démon se tenait près de lui : « Pourquoi restes-tu là, bête cruelle ? Tu ne peux rien attendre de moi, maudit ; le sein d’Abraham va me recevoir. »

En disant cette parole, il rendit au ciel son esprit. Plein de joie, Martin est accueilli dans le sein d’Abraham, l’humble et pauvre Martin entre au ciel comblé de richesses.

(Lettre de Sulpice Sévère, Office des lectures du 11 novembre)

Il y a un élément particulièrement important dans les Vies de saints de l’Antiquité tardive et du début du Moyen-Age : le récit de la mort du saint. On a là comme un condensé de sa physionomie spirituelle. Martin nous est montré comme étant un serviteur : « je ne refuse pas le travail. Que ta volonté soit faite ». C’est un pasteur, à l’image du bon berger. Il est moine : il n’abandonne pas la prière. Il est l’homme fraternel : « il convoqua les frères », « mes frères » ; l’adjectif possessif est plein de tendresse. Il est « tendrement miséricordieux » au point de pleurer. Il est « humble et pauvre ». Voilà en quelques mots le portrait spirituel d’un homme transfiguré qui reflète le Christ. Ce n’est plus seulement un épisode, aux portes d’Amiens, de la vie de Martin qui évoque quelques lignes de Mt 25. C’est Martin lui-même dans sa personne qui est une expression vivante de cet évangile !

Méditation

  • Dernier « exercice » : repérer les passages des évangiles (et pourquoi pas aussi des lettres de Paul) qui sont évoqués dans cette lettre de Sulpice Sévère. Ils sont nombreux…

CHANT : Ps 22 le Bon Pasteur :

E - LA PRIÈRE DE MARTIN

Enfin, Martin nous apprend à prier. La prière s’exprime avec le corps : les yeux tournés vers le ciel ; les mains aussi, étendues pour dessiner la croix avec tout notre corps. Et les mots de la prière : « Que ta volonté soit faite », non pas la mienne. Disponibilité du cœur, disponibilité de toute la personne pour aimer.

C’est à une lectio divina de Mt 25 que nous a invités Martin.

Méditation

Après avoir lu l’évangile, l’avoir ruminé et médité, prions :

  • Dans le silence, ou à haute voix avec ceux qui sont présents avec moi, je formule une ou plusieurs intentions de prière.
  • Notre Père
  • « Seigneur, Dieu de tendresse et d’amour, Martin, dans la personne du pauvre, t’a revêtu de son manteau et toi, par le baptême, tu l’as revêtu de l’homme nouveau, pour en faire le pasteur de ton peuple : accorde-nous, tandis que nous célébrons sa mémoire, de raviver notre compassion pour les exclus et de nous convertir sans cesse à toi. Par le Christ, notre Seigneur. »

(Communauté de Bose, Témoins de Dieu, martyrologe universel, Bayard, 2005, p. 646).

  • Quelques instants de silence pour goûter la présence.

CHANT : Notre Père (Rimsky Korsakov) :

PELERINAGE A ST MARTIN : les chemins de St Martin

  • Origine

 La pérégrination vers le tombeau de saint Martin (appelée gallicana peregrinatio) fut le troisième pèlerinage à avoir été créé après ceux de Rome et de Jérusalem. Antérieur à Saint-Jacques-de-Compostelle, il reste l’un des plus anciens pèlerinages de la chrétienté occidentale.

Ce pèlerinage commença très peu de temps après la mort du saint, dont le culte se répandit rapidement. De nombreux princes et rois contribuèrent notamment à sa gloire. En premier lieu avec Clovis qui, sur le seuil de la basilique de Tours, prit l’engagement de se faire baptiser, puis sous le règne de Dagobert, où le saint fut institué patron de la famille royale.

Au temps des Carolingiens, les pèlerinages royaux au tombeau de Tours continuèrent. Pépin le Bref y précéda Charlemagne, qui décréta que la Saint-Martin serait fête chômée dans tout l’Empire.

Sous les Capétiens, la plupart des rois vinrent aussi vénérer ses reliques. Saint Louis fit trois fois le pèlerinage et demanda que son lit de mort soit un lit de cendres, à l’image de celui de saint Martin.

  • Un pèlerinage populaire

Mais le pèlerinage à Saint-Martin-de-Tours ne fut pas seulement prisé par les princes. Il fut également populaire. Pour recevoir la multitude des pèlerins qui affluaient, les moines de Saint-Martin édifièrent donc plusieurs hospices. Des activités commerciales naquirent aussi de ce pèlerinage : boutiques de changeurs, boutiques d’orfèvres (où l’on achetait des ex-voto, des vases sacrés et des images de plomb ou d’argent), cordonniers, tisserands, etc.

Des monastères, des oratoires, des églises, furent bâtis à l’ombre de la basilique. Au Xe siècle, on n’y comptait pas moins de 28 églises ! C’est ainsi que se créa et grandit la Martinopole, c’est-à-dire la « ville de saint Martin ».

Le pèlerinage déclina toutefois à la fin du Moyen Age, devant le succès grandissant de la pérégrination vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Cependant, le tombeau de saint Martin ne sera pas oublié, puisque Tours deviendra l’un des grands points de départ pour cette ville sainte de Galice.

Parmi les chemins qui suivent les traces d’un personnage célèbre, ceux de Saint Martin sont emblématiques. Trois itinéraires de randonnée, ouverts depuis cinq ans, font en effet revivre trois épisodes de la vie du grand voyageur hongrois qui, au IVe siècle, vint s’installer en Touraine.

► Le chemin de l’Evêque de Tours (237 km de Poitiers à Tours, 9 jours de marche) rappelle l’enlèvement de saint Martin à l’abbaye de Ligugé par les Tourangeaux, qui voulaient en faire leur évêque.

► Le chemin de Trèves (137,5 km de Tours à Vendôme, 5 jours de marche) est lié à son évangélisation des campagnes et à ses voyages diplomatiques vers Trèves.

► Le chemin de l’Eté de la Saint-Martin (104 km de Chinon à Tours, 4 à 5 jours de marche), longeant la Loire, reprend l’itinéraire que suivit le bateau contenant la dépouille de l’évêque jusqu’à Tours, où elle fut enterrée le 11 novembre 397.

On y raconte encore la belle légende selon laquelle, au passage de l’embarcation, les buissons se couvrirent de fleurs blanches ; d’où l’expression « Eté de la Saint-Martin » pour désigner la période de redoux automnal qui survient autour du 11 novembre, jour de la fête du saint…

Source : https://www.lepelerin.com/chemins-pelerinages/le-chemin-de-saint-martin/decouvrir-le-pelerinage-a-saint-martin/guide-des-chemins-de-st-martin/

 


POUR ALLER PLUS LOIN :

Sulpice Sévère, Saint Martin de Tours, Cerf, 2016, 223 p. : cet ouvrage paru pour les 1700 ans de la naissance de Martin regroupe les traductions des écrits de Sulpice Sévère parues dans la collection de référence Sources Chrétiennes. Le texte est accompagné des fresques de la vie de Martin par Simone Martini dans la basilique Saint François à Assise. Ces fresques sont commentées et méditées. Un bel ouvrage pour plonger avec aisance dans l’itinéraire de saint Martin.

Lien : http://www.encyclopedie.bseditions.fr/article.php?pArticleId=168&pChapitreId=32009

10 novembre 2020, mis à jour le 18 novembre 2020