Lettre aux nouveaux baptisés-9 novembre 2020

Lettre aux nouveaux baptisés, aux catéchumènes et à ceux qui les accompagnent, 9 novembre 2020.

Lundi 9 novembre 2020

Lettre aux nouveaux baptisés, aux catéchumènes et à ceux qui les accompagnent

Chers amis

C’est vraisemblablement grâce aux supports numériques ou télévisuels que beaucoup d’entre nous ont pu entendre ce dimanche la Parole de Dieu. Nous n’avons pas pu nous retrouver dans nos églises, nos communautés, car effectivement et nous le savons désormais, nous sommes appelés encore pour un certain temps et pour le bien du plus grand nombre, à tenir nos distances. C’est un effort collectif considérable qui est demandé à la population, appelée à prendre encore plus conscience de l’ampleur de la pandémie ; notre participation à l’effort semble nécessaire.

En ce 32e dimanche du temps ordinaire l’Évangile proclamé était un passage de Matthieu, chapitre 25, lequel nous offre cette parabole des dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Certaines prévoyantes, d’autres insouciantes.

Pour ma part permettez-moi de vous dire que j’aime la radio. J’y apprécie la qualité du son. Surtout, j’aime les voix et leur profondeur. J’ai donc eu la chance de pouvoir suivre la messe dominicale sur France Culture. Un prêtre venu de Colombie, le père Roberto GOMEZ, célébrait l’Eucharistie dans une chapelle du centre de Paris. De très belles voix reprenaient les psaumes. Ce prêtre, à la fin de l’homélie, nous livrait une anecdote personnelle. Il évoquait son enfance dans la campagne colombienne où, éloigné des grands bourgs, il ne bénéficiait pas de la messe chaque dimanche. Alors il la suivait à la radio. Le prédicateur disait à cette occasion aux auditeurs croyants : « Aujourd’hui nous sommes plus près de l’éternité que la semaine dernière. » Le père Roberto poursuivait, en lien avec Thérèse de Lisieux « un jour je serai interrogé sur l’amour. J ’espère - je désire - qu’à ce moment- là ma lampe brille toujours. »

Bien évidemment nous sommes tous bousculés, dérangés, un peu ballotés par la situation présente. La vie sacramentelle, modalité naturelle de notre relation au Seigneur nous sera sans doute encore pour plusieurs semaines, difficilement accessible. La Confirmation ne pourra être donnée par notre Evêque le 15 novembre à La Chambre et le 21 novembre en la cathédrale de Chambéry. Nombre de baptêmes également sont reportés, chez les adultes comme pour les plus petits.

Le Saint Père nous encourage lorsqu’il nous dit de prendre ce temps comme « un temps supplémentaire qu’Il nous donne, à nous tous, avec miséricorde et patience. Un temps de veille, un temps où nous devons garder allumées les lampes de la foi, de l’espérance et de la charité, où garder le cœur ouvert au bien, à la beauté et à la vérité. »

Encourageons-nous chaque jour, et dimanche après dimanche, à prendre un temps pour la parole de Dieu qui nous ouvre grand ses bras. Dans la cellule familiale, en couple, dans l’environnement proche de ceux qui nous sont chers. Par téléphone ou grâce aux moyens modernes de communication, restons tels des enfants dans la joie, toujours, de la (re)découverte. « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom je suis là au milieu d’eux » (Matthieu 18) nous dit Jésus. Le marcheur du chemin d’Emmaüs illumine toujours nos cœurs. L’Écriture (la réunion de l’Ancien et du Nouveau Testament) et la personne même de Jésus, parole de Dieu faite chair sont plus que nos compagnons de route.

La prière aussi nous est nécessaire ; pourquoi pas une prière personnelle dans notre église locale ou notre église de village dont les portes peuvent rester ouvertes ?

Les encycliques également nous sont précieuses : le Pape François vient de nous offrir fratelli tutti. Notre évêque, Mgr Ballot, nous encourage dans son éditorial de EGLISE en Savoie de Novembre : « Que chacun prenne le temps de travailler l’encyclique (…) ! Qu’à la lumière de ces beaux textes nous puissions faire face aux défis du monde d’aujourd’hui et d’y répondre ! »

Dans cette encyclique, toujours, le retour à l’exigence de l’Évangile : Chapitre 8 – l’identité chrétienne - : 277 – « Si la musique de l’Évangile cesse de vibrer dans nos entrailles, nous aurons perdu la joie qui jaillit de la compassion, la tendresse qui naît de la confiance, la capacité de la réconciliation qui trouve sa source dans le fait de se savoir toujours pardonnés et envoyés (…) ».

Personne n’est en mesure de nous dire quand nous nous retrouverons pour célébrer les sacrements de l’initiation chrétienne : Baptême, Eucharistie, Confirmation. Nous ne manquerons cependant pas de revenir vers vous dans les prochaines semaines pour vous tenir informés des perspectives favorables que le Seigneur mettra sur notre route.

En attendant et pour préparer au mieux les sacrements à venir et la rencontre avec nos frères, n’oublions pas que nous avons vocation à être des lampes toujours allumées.

Pour l’équipe du catéchuménat, 
franck COLONEL-BERTRAND, coordonnateur.

23 novembre 2020