Découvrir Saint Colomban, ce lundi 23 novembre.

Découvrir Saint Colomban avec la formation permanente. 

Le calendrier liturgique nous donne ce 23 novembre de faire mémoire de saint Colomban. On trouvera ci-dessous des éléments de biographie proposés par le monastère de Bose (Italie). Trois points méritent d’être soulignés :

  • C’est un témoin du Christ, véritable moine-pèlerin, qui voyage de l’Irlande jusqu’en Italie. On peut penser que sa route soit passée par la Maurienne et que le nom de la commune de Saint-Colomban-des-Villards en garde le souvenir…
  • Il apporte sur le continent européen une spécificité du christianisme irlandais : la pénitence tarifée. Qu’est-ce ? Les moines irlandais établissent des listes de péchés. A chaque péché correspond une pénitence proportionnée, qui prend en compte la gravité de l’acte commis mais aussi l’état de vie du pénitent (laïc, prêtre ou moine). Dans l’histoire de l’Église c’est une étape majeure dans l’évolution de la pénitence vers le sacrement de réconciliation tel que nous le connaissons. C’était une pratique qui dans le cadre culturel de ce temps rendait la miséricorde du Seigneur particulièrement proche.
  • Colomban avait écrit une règle de vie pour ses moines. On l’a souvent mise en « concurrence » avec celle écrite par saint Benoît. Mais à y regarder de plus près on peut discerner dans la règle de Colomban des influences de Benoît. Et les disciples de Colomban ont été parmi les principaux propagateurs de la règle de Benoît qui deviendra deux siècles plus tard (817) la règle commune de tous les moines d’Occident. Pour ces moines il n’y avait qu’une règle : l’Évangile. Les autres règles n’étant que des moyens pour s’approcher de l’Évangile, il n’y avait dans leur esprit absolument aucune concurrence. Et les deux règles pouvaient même être utilisées ensemble : on puisait dans l’une ou l’autre selon les circonstances.

On comprend donc l’importance pour l’histoire de l’Église de ce moine-pèlerin qui a probablement traversé notre région. Alors arrêtons-nous quelques instants pour le découvrir un peu plus en profondeur :

COLOMBAN env. 550-615 moine

Le 23 novembre 615, Colomban, moine irlandais et pèlerin pour le Christ, s’éteint à Bobbio, dans le monastère qu’il avait fondé au pied de l’Apennin, aux confins de l’Émilie et de la Toscane. Ce que nous savons de lui nous est rapporté essentiellement par la Vie qu’a rédigée son disciple Jonas de Bobbio. Irlandais de naissance, de la province de Leinster, Colomban entendit très tôt l’appel à quitter sa patrie, suivant en cela l’exemple d’Abraham, cher à tous les moines, pour se mettre en route vers la patrie céleste, sur les traces du Christ.
Colomban se forma d’abord à la vie monastique dans le célèbre couvent gallois de Bangor ; puis il poursuivit son chemin au-delà des pays celtiques avec douze compagnons. Il parvint en Bretagne vers 590, et y fonda des monastères tout en y développant une activité missionnaire. Sa forte personnalité et la radicalité de son attachement à l’Évangile lui occasionnèrent de fréquents conflits avec les puissants de son temps, au point qu’il fut contraint de reprendre à plusieurs reprises son bâton de pèlerin. Certaines de ses fondations, surtout celle de Luxeuil, en France, devinrent d’importants centres du rayonnement monastique irlandais en Europe. En raison des sévères reproches qu’il adressa au roi Théodoric, Colomban dut quitter Luxeuil pour l’exil ; il s’arrêta momentanément près du lac de Constance et rejoignit Bobbio, deux ans avant de mourir.
Colomban fut un défenseur déclaré des traditions ecclésiales irlandaises ; il n’hésita pas à s’adresser à Grégoire le Grand pour lui exposer les raisons des chrétiens de l’île sur la date de Pâques et sur la nouveauté des disciplines pénitentielles qu’ils avaient introduites dans toute l’Europe. Ses Règles monastiques connurent une certaine diffusion mais furent supplantées plus tard par la Règle de saint Benoît qui s’imposa dans tout l’Occident.

Lecture

C’est le propre des pèlerins de se hâter vers la patrie ; c’est également leur caractéristique de faire l’expérience en marchant de l’aspect transitoire de cette vie au lieu de la sécurité qu’ils trouvent dans la patrie. Hâtons-nous donc vers la patrie, nous qui sommes des voyageurs. Dieu est si grand qu’il n’est pas possible de le voir dans toute sa grandeur. Cependant frappons fort, là surtout, pour entrer au ciel comme de vrais familiers, aussi bien que pour comprendre le plus clairement possible les biens qui nous attendent

Colomban, Instructions

Lectures bibliques

1R 19,16b.19-21 ; Mt 7,21-27

 

23 novembre 2020